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La vie est un gala

Première exposition personnelle de peinture à la galerie Berthet Aittouares

26 Septembre – 2 novembre 2019

La vie est un gala, acrylique sur toile, 2018, 160 x 140 cm. Photo : Bertrand Hugues
Escale décisive dans plus de trente ans de voyage intérieur, La vie est un Gala est la première exposition monographique de Marine Joatton à la
Galerie Berthet Aittouares. Ceux qui ne connaissent pas encore sa
peinture en découvriront ici un panel assez varié qui, s’il est essentiellement représentatif du présent de sa démarche, entre néanmoins en résonnance avec toutes ses étapes précédentes. Une grande cohérence règne
dans ce foisonnement qu’on pourrait croire paradoxal alors qu’en vérité, à l’image d’un biotope encore vierge, il se complète lui-même et s’équilibre. On ira d’iridescences en saturations, de chemins creux en fourrés habités de visages, sans jamais sortir du récit qui lui est propre et que, de toile en toile, elle écrit quotidiennement.

« Je commence (…) en déposant un maelstrom de touches de peinture. Petit à petit, par associations, j’entre dans mon univers. Je n’ai pas d’idée préconçue quand je commence à travailler, je pars en peinture. Au terme d’une aventure picturale où alternent fulgurance et temps longs, je découvre le résultat à mon insu. Un précipité chimique s’opère, l’œuvre se révèle ».

La vie est un Gala donne le ton de l’ensemble. Au fil des années, la peinture de Marine Joatton s’est affirmée dans sa luxuriance, couvrant le support d’une exubérante parade. Depuis les petits formats des débuts jusqu’aux pièces gigantesques réalisées en Corée, tout ce qui s’y trouve danse et fraie avec une candeur étrangement déguisée. Dans ce carnaval furieux, la couleur habille, dénude, tranche et lie – comme une foule prise de délire peut à la fois se fondre et se dissoudre.
Marine Joatton est passée d’études de sciences politiques aux beaux arts comme elle a franchi les continents : avec vigueur, constance et détermination. Son parcours compte – entre autres expositions monographiques et résidences de longue durée – le Domaine de Kerguéhennec, la Galerie Coréenne 604, le Musée d’art Moderne et contemporain de Saint-Etienne et la Fondation Fernet-Branca.

Entamé par une série de sculptures animales fantasques et très maîtrisées, son travail s’est rapidement infléchi, quittant le volume pour gagner les possibles qu’autorisent le trait, la couleur, la touche, le geste, d’abord sur
papier, puis sur toile. Différentes familles techniques et thématiques y ont grandi jusqu’à aboutir à un changement d’échelle, qu’exigeaient ses motifs, « Créatures hybrides et incomplètes agitées d’une vie impossible et
visiblement dangereuses » (1) trop vifs et mobiles pour rester réduits. Depuis quelques années Marine Joatton octroie donc davantage de place aux acteurs (l’infante au chocolat, le poisson concierge…) de son mystérieux
théâtre. Les formats récents, moyens ou grands depuis une dizaine d’années, autorisent un déploiement des figures comme de leur absence, une respiration explosive de la couleur, qui va jusqu’à l’incandescence.

(1) Philippe Dagen, Le monde, dimanche 13 lundi 14 septembre 2009

Eléonore Espargilière

https://www.galerie-ba.com/


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